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Jeudi 1 juillet 2010
Cabanes : du rêve de gosse au rêve d’adulte
« L’enfant qui construit une cabane se construit avant tout lui-même, explique le pédo-psychiatre Eric Lemonnier, il bâtit quatre murs, rassurants, avec une porte qu’il peut claquer au nez des adultes ; ce sont les premiers pas vers l’autonomie». Au moment où la mode des cabanes devient très tendance, on peut se demander quelles sont les motivations des adultes qui se réfugient ainsi entre les murs de bois d’un habitat précaire, souvent loin de la ville. Envie de déstresser, de renouer avec un habitat naturel, militantisme écologique ou anti-conso ? Jean-Louis, dessinateur industriel, vivant dans le quartier Saint-Agne, a transformé un appentis en ruines au fond de son jardin en « salon personnel », puis en bureau, en le rhabillant de bois. Il confirme : « Il y a des moments où j’ai envie d’échapper à tout, à ma famille, à mon travail… Là je vais dans ma cabane au fond du jardin, et je m’offre un moment de paix. L’espace mesuré, le bois, le silence sont des facteurs d’apaisement. » Catherine, qui travaille dans un cabinet d’architecte est, elle aussi, devenue une adepte des cabanes, mais uniquement pendant les vacances : « J’en ai eu assez des hébergements trop confortables dans lesquels on vit comme à la maison. J’ai découvert que je me reposais bien mieux dans des gîtes au confort rustique. J’ai commencé à rechercher ce type d’hébergement pendant les vacances : chalet en bois, grange aménagée ; il y avait le plaisir de vivre comme des Robinsons avec les enfants. Puis il y a quelques années, je suis tombée sur ma cabane, tout près de Luchon et du Lac d’Oô : quatre murs, un toit… nous la réaménageons progressivement, sans bousculer son authenticité. » Elle reconnaît que « c’est un prolongement de l’enfance. Mon père me bricolait des cabanes partout, en haut d’un cerisier, sous les branches d’un saule pleureur touffu. Pour moi, c’est vraiment lié à l’insouciance, à des moments agréables. » Chambres d’hôtes en altitude Un rêve de gosse, c’est aussi ce qu’ont voulu ceux qui ont aménagé des cabanes pour en faire des chambres d’hôtes. Patrice, propriétaire de la cabane des Mésanges Bleues », dans les Hautes-Pyrénées, le reconnaît volontiers : «Mon père était chasseur et j’ai passé toute mon enfance dans des cabanes. » Après avoir travaillé quinze ans comme commercial, il a tout arrêté pour se consacrer entièrement à sa nouvelle activité touristique : « Les gens sont passionnés par ces séjours au grand air et j’ai des demandes toute l’année. » Etienne Halle, qui a construit la Cabane dans les arbres, près de Muret, s’est lui aussi laissé séduire par la construction de cet habitat insolite : «C’était par hasard. Mon frère est ingénieur et a gagné un concours de construction de cabane. Moi, je travaille dans les énergies renouvelables et du coup, nous nous sommes lancés dans ce projet. » Sa maison des bois est toute petite, il envisage actuellement d’en construire une plus grande. Même les châtelains n’échappent pas à cette nostalgie. Propriétaire du Château de Labro, près de Rodez, Jean Rouquet a lui aussi réalisé un rêve d’enfant en construisant la Canopée, une cabane de18m2 dans le parc de sa propriété du XVIe siècle : il la loue comme chambre d’hôtes. Habitants en décalage A côté de ces rêveurs pragmatiques qui valorisent économiquement leurs cabanes, il en est certains qui ont adopté au quotidien ce mode de vie. Le CMAV (Centre méditerranéen de l’architecture) présente jusqu’au 12 juin, les photos et les textes de deux sœurs marseillaises: Alexa et Irène Brunet. Pendant quatre ans, elles sont parties aux quatre coins de la France à la rencontre de ceux qui vivaient dans des habitats atypiques : cabanes, mais aussi caravane, roulotte, yourte, caverne… A l’origine, elles se passionnaient pour les modes de construction, mais très vite, elles ont découvert les « tribus » qui les habitaient. Atypiques, eux aussi, les habitants étaient surtout à la recherche d’un nouveau mode de vie. La précarité de leur habitat correspondait à d’autres engagements militants : respect de l’environnement, refus de la consommation, d’un mode de vie urbain. Leurs photos traduisent une réelle joie de vivre dans un univers non dénué de poésie. Elles sont indéniablement séduisantes, rappelant un éden perdu. Mais si nous nous laisserions volontiers tenter pour un week-end, bien peu d’entre nous résisteraient à une journée de pluie, ou à une nuit de plein hiver, abrités uniquement de quelques planches de bois. Tendances Séjour loisirs à Tépacap ! Tépacap !, l’Univers des arbres à jeux, fête ses dix ans. Depuis deux ans, le parc ludique et familial de Rieumes abrite, à l’écart de ses parcours acrobatiques, tyroliennes, toboggans et labyrinthes, des tipis ainsi qu’une cabane, capable d’accueillir 2 à 4 personnes. D’une belle superficie, avec une terrasse géante (munie d’un hamac et d’un grand parasol), ce petit havre de paix sur deux étages s’inscrit dans la volonté du parc de loisirs de combiner divertissement et découverte de la nature, à une demi-heure de Toulouse. La cabane offre l’autonomie totale à ses pensionnaires, qu’il s’agisse d’un couple ou d’une famille. Le matin, un panier petit-déjeuner est déposé sur la terrasse, pour qu’ils se réveillent avec le chant des oiseaux. Et le soir, ils peuvent dîner sur place, avec un repas froid, ou préférer manger à l’extérieur. L’hébergement dispose du confort d’une suite d’hôtel, avec open bar, douche à jets, peignoirs à disposition et plancha côté cuisine. Un forfait avantageux permet de profiter de la grande majorité des activités de Tépacap ! et d’une pension complète, pour ceux qui souhaitent séjourner intégralement dans le parc, le temps d’un week-end. Ouvert de mars à novembre, du mercredi au dimanche, et 7j/7 à partir de juin. Tarifs : 135€ la nuit pour 2 personnes, 205€ pour 4. Forfait liberté (accès au parc, déjeuner, dîner et nuitée) : 200€ pour 2. Repas froid : 15€ adulte, 10€ enfant.

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